Compte rendu du dernier livre

Amin Maalouf
Le premier siècle après Béatrice
Roman
Livre de poche, Grasset, 1992
Imaginez une substance, issue des recherche sur les bovins, qui permette de décider d'avoir un garçon. Si 64% de la population est indiférente quant au sexe de leur futur enfant, que 16% préfèrent une fille et 16% préfèrent un garçon, qu'arrivera-t-il si ces derniers prennent la substance en question?
Vous trouverez la réponse dans "le premier siècle après Béatrice", du nom de la fille d'un savant née au tournant du siècle. Un monde pas si futuriste que ça où le déséquilibre entre les naissances féminines et masculines donne lieu à des émeutes, des trafics d'enfants et des vols de Sabines, nés du désespoir de quartiers, d'ethnies ou de peuples qui se voient privés de descendance.
A l'heure où le manque de filles se fait sentir sur la palnète et que certains pays vont acheter des femmes dans des pays plus pauvres, Amin Maalouf a tout du visionnaire.
Citations:
- J'ai toujours pensé que le Ciel avait inventé les problèmes et l'Enfer les solutions. Les problèmes nous bousculent, nous malmènent, nous désarçonnent, nous font sortir de nous-mêmes. Salutaire déséquilibre, c'est par les problèmes que toutes les espèces évoluent; c'est par les solutions qu'elles se figent et s'éteignent. Est-ce un hasard si le pire crime de notre mémoire s'est initulé "solution" et "finale"?
- Si la science fait disparaître le Dieu du Comment, c'est pour mieux faire apparaître le Dieu du Pourquoi. Qui, lui, ne disparaîtra jamais. Je le crois capable de donner à l'homme tous les pouvoirs, même celui de maîtriser la vie et la mort, qui ne sont après tout que des phénomènes naturels. Oui je crois Dieu capable de nous associer, nous, ses créatures, à sa création. Quand je manipule les gènes d'un poirier, j'ai la conviction profonde que Dieu m'en a donné la capacité et le droit. Mais il y a des fruits défendus. Non pas naïvement le sexe ou la connaissance comme l'ont pensé nos ancêtres; les fruits défendus sont plus difficiles à cerner, et c'est notre sagesse plus encore que nos croyances qui les désignera.